Les franchises médicales vont passer de 50 à 70 euros par an pour chaque catégorie de soins. Soit une hausse de 40 %, avec un plafond total porté à 140 euros. Le gouvernement, qui avait d’abord envisagé de le doubler, est revenu à un chiffre plus modéré. Mais la facture pour les patients concernés reste réelle, et elle va même devenir permanente.
C’est une décision qui touche directement le portefeuille des Français. Chaque année, une petite somme est retenue sur les boîtes de médicaments et sur les actes des médecins. C’est la fameuse franchise, mise en place pour responsabiliser les assurés. Depuis 2005, ces montants n’avaient jamais bougé. Ils viennent de prendre un coup de vieux, et les dépenses santé de l’assurance maladie, elles, n’ont cessé de grimper.
Une augmentation du plafond de 40% pour faire face au déficit de l’assurance maladie
Le déficit de la Sécurité sociale est prévu autour de 13,8 milliards d’euros en 2026. Un trou béant qui pousse l’exécutif à chercher des économies partout. La piste d’un doublement du plafond, à 200 euros, a fait l’effet d’une bombe. Les associations de patients ont crié au scandale. Face à la pression, le gouvernement a reculé. La hausse sera finalement de 40 %, portant le plafond à 140 euros.
C’est moins violent que le scénario redouté, mais cela reste une augmentation de la participation financière demandée aux malades. Une décision qui intervient alors que le prix de certains soins médicaux ne cesse d’augmenter.
Le projet de décret a été soumis à la consultation de l’Assurance maladie. Il doit entrer en vigueur le 1er octobre. Pour les patients, l’impact annuel est estimé à 10 euros par an en moyenne. Une somme qui paraît dérisoire, mais qui s’ajoute à d’autres restes à charge.
- +40 %de hausse sur les franchises50 à 70 euros par catégorie
- 140 €plafond annuel maximumau lieu de 100 euros
- 10 €coût moyen par patientpour l'année 2026
- 2028indexation sur l'inflationfin du gel des montants
Un plafond qui passe de 100 à 140 euros : les chiffres concrets à retenir
Concrètement, le fonctionnement reste le même. Chaque boîte de médicaments achetée coûte une franchise de quelques dizaines de centimes. Les consultations chez un médecin généraliste ou spécialiste subissent également une retenue forfaitaire. Seule la limite annuelle change.
- 💊 Franchise sur les médicaments : le plafond passe de 50 à 70 euros par an.
- 🩺 Participation forfaitaire sur les actes médicaux : le plafond passe de 50 à 70 euros par an.
- 💶 Total maximum pour un patient concerné : 140 euros par an, soit une hausse de 40 %.
- 📅 Application prévue au 1er octobre 2026.
Ces montants peuvent sembler modestes pour les personnes en bonne santé. Mais pour les malades chroniques, qui dépassent rapidement les seuils, cette hausse du plafond se transforme en vrai coup de pouce financier pour la Sécu, et en un coût direct pour le patient.
Le détail caché du projet : une réévaluation automatique dès 2028
La hausse de 40 % n’est pas le seul changement. Le décret prévoit une nouveauté de taille : la fin du gel des plafonds. Depuis 2005, ils étaient restés figés. À partir de 2028, ils seront automatiquement indexés sur l’inflation, avec un ajustement prévu tous les un ou deux ans.
Autrement dit, les franchises médicales ne baisseront jamais, et elles augmenteront chaque année. Ce que le gouvernement présente comme un simple rattrapage, les associations le voient comme une machine à augmenter la facture. Le coût moyen de 10 euros par an annoncé pour 2026 n’est donc qu’un premier pas.
Pour autant, le gouvernement justifie ce choix par la hausse des dépenses santé. Les soins médicaux coutent de plus en plus cher, et il faut bien financer le système. La logique est simple : plus la Sécu rembourse, plus le patient doit participer. Un raisonnement qui ne convainc pas tout le monde.
Impact sur les patients : 10 euros par an en moyenne, mais des cas bien plus lourds
Le chiffre de 10 euros par an est une moyenne. Il cache des situations très différentes. Une personne âgée qui prend cinq médicaments par jour atteindra rapidement les nouveaux plafonds. Un patient atteint d’une maladie chronique aussi. Pour eux, la hausse sera bien supérieure à la moyenne.
Les associations s’inquiètent de ce matraquage. Elles rappellent que ces franchises médicales sont un impôt déguisé sur la maladie. Un argument difficile à contrecarrer.
Alors, que faire pour éviter ces hausses ? Les mutuelles peuvent parfois les prendre en charge, mais ce n’est pas généralisé. Et les caisses d’assurance maladie ne rembourseront pas davantage. Un patient qui lutte pour joindre les deux bouts devra donc choisir entre ses médicaments et ses autres dépenses.
Cette décision, présentée comme un effort de solidarité, ressemble surtout à un nouveau transfert de charges vers les malades. Un choix assumé par le gouvernement, qui mise sur l’acceptation d’une hausse « modérée » plutôt qu’un doublement brutal. L’avenir dira si la pilule passe.
Franchises médicales le vrai coût pour vous
Est-ce que tout le monde est concerné par cette hausse ?
Tous les assurés payent déjà des franchises sur leurs médicaments et consultations. Mais seuls ceux qui dépassent les plafonds verront une vraie différence. Pour une personne en bonne santé, l'impact reste minime.
Comment ces franchises sont-elles prélevées ?
Chaque boîte de médicaments coûte quelques dizaines de centimes de franchise. Les consultations chez le médecin sont aussi soumises à une retenue forfaitaire. Les sommes se cumulent jusqu'à atteindre le plafond annuel.
Ça veut dire quoi, un plafond à 140 euros ?
C'est le maximum qu'un patient peut payer en une année, toutes franchises cumulées. Avant, ce maximum était de 100 euros. Au-delà, l'assurance maladie prend tout en charge.
Quand est-ce que cette hausse s'applique ?
Le décret doit entrer en vigueur le 1er octobre 2026. En attendant, les anciens montants restent valables. Les nouvelles règles s'appliqueront dès cette date.
Vous voulez qu'on rentre plus dans les détails techniques ?
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Journaliste et ingénieure agronome, Claire a fondé Le Monde De L’Écologie en 2024 après dix ans passés dans la presse magazine nature. Elle écoute autant les chercheurs du CNRS que les jardiniers du dimanche.
8 commentaires
Bonjour Claire, les patients ne devraient pas payer le déficit. Il faut repenser notre modèle de santé.
Et si on investissait dans la santé environnementale pour réduire ces coûts ?
Encore une hausse pour les malades, sans jamais questionner le modèle de soins lui-même.
On ne soigne pas un déficit en épuisant les sols… ni les patients.
Encore une hausse sur le dos des malades. La santé n’est pas un meuble qu’on rafistole.
Triste calcul : on finance la biodiversité en prélevant sur la faune humaine.
Bonjour Claire, sans modèle prévisionnel, cette hausse est aussi myope que le climat.
Merci Claire. Plutôt que d’augmenter la franchise, pourquoi ne pas réduire le gaspillage médicamenteux ? C’est une vraie piste durable.